Carnet
Ce que le recruteur allemand lit en premier sur un Lebenslauf
Un chargé de recrutement à Essen n’ouvre pas un CV français comme un récit. Il cherche d’abord une ligne d’état civil, souvent une photo, puis un tableau dont les dates se suivent. Si le mois de fin d’un CDD manque, il imagine un trou. Si l’intitulé dit « collaborateur polyvalent », il ne sait pas quel Beruf comparer à l’annonce.
Au cabinet, nous demandons donc les bulletins ou attestations avant de styliser quoi que ce soit. Un stage de 2018 mal daté bloque plus qu’une police de caractères. La photo, quand elle est attendue, se juge sur le fond et la tenue, pas sur un filtre.
Les dossiers qui passent mieux vers un Handwerk ou un Krankenhaus ont en commun une deuxième page rare : tout tient, ou presque, en une page et demie. Les centres d’intérêt n’apparaissent que s’ils parlent d’un permis, d’un sport d’équipe utile au Schicht, ou d’un bénévolat daté. Le reste encombre.